samedi 28 juin 2008

Remue-ménage nocturne

(scroll down for an English version)
J’allais passer cette histoire sous silence pour ma pauvre maman qui espère que mon retour en France est pour bientôt, sans escale par la Lybie et que je vais un jour réaliser comme il fait bon vivre en Normandie… Mais je ne suis pas sure que ma mère connaisse l’existence de ce blog, et puis cette histoire en dit long sur la vie ici…
Il y a quelques jours, j'ai été réveillée à 3 heures du matin par des coups frappés à la fenêtre de ma chambre. Notre gardien de nuit habituel était en congés et c’était Jean-Baptiste, son remplaçant… qui essayait de me dire en français que des gens étaient dehors qui voulaient le tuer, pourrais-je appeler le propriétaire immédiatement. Il m'a fallu quelques minutes pour réaliser ce qui se passait puis composer le numéro. Augustin dormait bien sur, il n'a pas décroché mais a rappelé quelques minutes plus tard pour dire qu’il arrivait tout de suite et de ne pas ouvrir la porte. Aurélie, qui habite avec moi en ce moment était en train d’examiner la solidité de la porte d’entrée… Un quart d’heure plus tard, on pouvait entendre Augustin admonester un Jean-Baptiste tout tremblant… ‘Il a eu un cauchemar, trop de dolo, ce n’est pas sérieux…’ (Le dolo, c’est la bière locale effectivement très appréciée de tout le monde en général et des gardiens de nuit en particulier) Il n'y avait rien de mieux à faire que de retourner dormir, ce que j’ai fait, tandis qu’Aurélie se demandait pourquoi le gardien n’avait pas réalisé que ce n’était qu’un cauchemar, il n’avait pas l’air saoul…
Le lendemain, j'ai demandé à Augustin de me raconter exactement ce qui s’était passé, il a répété la même chose, ils étaient venus à quatre personnes, au cas où, mais tout était tranquille et il était catégorique, Jean-Baptiste avait une imagination débordante… Maintenant pardonnez moi pour penser que si vous avez la chance de louer une maison à une Nassara, une Blanche, c'est une source régulière de revenus, et vous préférez ne pas l’effrayer et qu’elle déménage…
En effet, dans la soirée, Jean-Baptiste n'était que trop heureux de raconter sa version de l’histoire… un peu plus plausible… Il y avait bien des hommes après lui, c’est pourquoi il s’était réfugié dans la cour. Il y a quelques mois, il y a eu un cambriolage dans l'entrepôt d’Augustin à côté de la maison, Jean-Baptiste a pris le voleur la main dans le sac et Augustin l’a envoyé en prison. La nuit dernière, les frères du mec ont réalisé que Jean-Baptiste était de retour et décidé de se venger… Je lui ai demandé, s'il ne préférait pas se faire remplacer, Adama notre gardien de nuit habituel était de retour bientôt de toute façon? Mais il a refusé mon offre et m’a fièrement montré sa machette, il était fin prêt maintenant, s’ils osaient revenir. Et tout est bien qui finit bien, puisque pour nous faire oublier tout ca, augustin a enfin terminé la cuisine extérieure qu’il me promettait depuis plus de trois mois, je n’ai plus qu’à donner un coup de peinture!

Ouaga by night

I was not going to write about this, as I imagined my poor mother back in France drinking cups of tea and praying for her eldest daughter to return home - without stopping over in Lybia - and realise that there is no better place on earth than Normandy… But this is too good an insight into the way things can happen here… And I am not sure, my mum knows about blogging…
A few days ago, I was woken up at 3am, by some banging and shouting at the bedroom window. Our usual night guard Adama had gone off to visit relatives in the countryside for a few days, and was replaced by Jean-Baptiste… who was now telling me, there were people outside wanting to kill him, could I please call the landlord straight away. It took me some time to realise what he was saying in his broken French, and as he would not calm down, I dialled the number. Augustin must have been fast asleep, he did not pick up the phone, but called back a few minutes, telling us to stay put and not to open the door. Aurelie, who is staying with me at the moment was now fully awake and pondering, whether the front door was sturdy enough, shall we move the fridge in front of it…
Within 15 minutes, we could hear people talking in moré outside, Augustin was telling Jean-Baptiste off and the poor guy was still shaking… ‘He just had a nightmare’ he told us, ‘too much dolo’ (the local homemade beer)… ‘Get back to sleep’… there was nothing better to do, so I did. While Aurelie was reliving it all and thinking that when you have a nightmare, you soon wake up and realise it was just a bad dream. This did not add up.
So the next day, I asked Augustin what exactly happened, he stuck to his guns, he’d come with four people, just in case, but by the time they reached the house, it was all quiet and he was adamant, Jean-Baptiste had made it all up.
Now if you have the luck to rent a house to a Nassara, a white person, it’s a nice steady source of income, and you’d rather not scare them off… that’s what we were thinking. Indeed in the evening, Jean-Baptiste was only too happy to get it off his chest… the guys were after him. There was a robbery in Augustin’s warehouse next door a few months ago, Jean-Baptiste and him caught the guy red-handed and he was sent to jail. Last night, the robber’s brothers realised Jean-Baptiste was back and decide to take revenge… I asked him, if he was okay to carry on working here, did he want to be replaced, Adama our usual night guard was back the next day anyway? But he said, he was quite happy to stay on and proudly showed me the machette, he’d brought with him. Now, we were in safe hands! And because Augustin must have felt a tiny bit guilty, he finally finished building the outdoor kitchen, he'd been promising me for over three months now. All is well that ends well!

lundi 9 juin 2008

Dame Lokpon's success story

(voir plus bas pour la version française)

Today I wanted to share with you the story sent by Emond, the head of the social services at ALIDé in Benin. This illustrates well, how microcredit can help and the need for the 'Kick start' loan products and the positive impact, they can have on the beneficiaries who are amongst the poorest of the poor. Kick start loans vary between 5,000 and 20,000 FCFA (i.e 7.50 euros to 30 euros) for a duration of 6 months at 0% interest rate, 0% processing fees. They allow the beneficiaries to then access higher loans with interest.



Harine Lokpon is a partner from the Sainte Cécile branch of Cotonou. She originates from Ganvié, a village from South Benin. Dame Lokpon Harine has five children aged 11, 7, 5, 2 years and 4 months, all live with her. Her polygamous husband Otcha Samuel is a fisherman and lives with his first wife in Nigeria and the oldest of their children, who helps his dad fishing. He comes rarely to visit his wife and the four children, he left her with. She currently lives with her parents in Sainte Cécile in an island called « Toyoyomè ».People settled here about fifteen years ago and built houses on stilts, they are made of bits of wood and metal and very fragile. The smallest tempest and all of them would be homeless, including Harine’s parents.


This very deprived and unemployed young woman got to hear from ALIDé through her dad, Lokpon David, a leader in the community. Her first loan of 10,000FCFA (15 euros) granted on the 9th Janaury 2008 helped her, like most women on the island sell fresh fish. A month later, her living conditions had already improved. She was not relying on her parents anymore.


She is very proud to tell how thanks to her small trade, she could contribute to the hospital costs, when her fourth child caught malaria and suffered of malnutrition. This event made her think, she decided to change jobs to be able to look after her children better. With a second loan of 20,000FCFA granted in June, she set up a new venture. Now, dame Lokpon Harine sells corn porridge with milk and sugar. She sells it from a little rowing boat out on Lake Nokoué between 7h30 and 12h00 every day (see photo). She even added sweet bread to her selection of goods for sale. Her ambition is to become self-sufficient and be able to provide for her children.

L'ambition de Dame Lokpon

Aujourd’hui je voulais vous partager l’histoire que nous a envoyée Edmond, le responsable du service social d’ALIDé, notre partenaire au Bénin. Cela illustre bien ce que l'on peut faire avec un microcrédit, et notamment l’importance des prêts ‘coup de pouce’ et l’impact positif qu’ils peuvent avoir pour ces partenaires qui sont dans les situations les plus précaires. Les prêts ‘coup de pouce’ sont des crédits de 5.000 à 20.000 FCFA (entre 7,50 euros et 30 euros) pour une durée de 6 mois à 0% d'intérêt et 0% de frais de dossier. Ils permettent aux bénéficiaires d’ensuite accéder à des prêts plus élevés avec un taux d’intérêt.

Harine Lokpon est une cliente de l’agence de Sainte Cécile à Cotonou. Elle est originaire de Ganvié un village lacustre du Sud Bénin. Dame LOKPON Harine est mère de cinq enfants, âgés respectivement de 11, 7, 5, 2 ans et 4 mois - tous au foyer. Son mari Otcha Samuel, un pêcheur polygame, vit auprès de sa première femme au Nigéria avec l’aîné de la dame qui aide son père à la pêche. Ce dernier vient rarement voir ses quatre enfants laissés à la charge de leur mère qui vit actuellement chez ses parents à Sainte Cécile (un quartier de la capitale) dans une presqu’île communément appelé « Toyoyomè ». Dans cette presqu’île où les actuels occupants se sont installés il y a seulement environ quinze ans, les habitations sont construites en matériaux très précaires sur pilotis. La plus petite tornade pourrait mettre hors abris la plupart des ménages parmi lesquels celui des parents de Harine.
Cette dame très démunie et inactive a connu ALIDé par l’intermédiaire de son père, Lokpon David, un relais communautaire de l’institution. Son premier crédit de 10.000FCFA (15 euros) obtenu le 09 janvier 2008 lui a permis d’entreprendre comme la majorité des femmes de cette presqu’île la vente de poisson frais. Un mois plus tard, ses conditions de vie ont commencé à s’améliorer. Elle s’est libérée de la dépendance de ses parents.
C’est avec fierté qu’elle raconte comment grâce à son petit commerce elle a pu participer en grande partie aux coûts des soins lors de l’hospitalisation de son quatrième enfant pour raison de malnutrition sévère associée au paludisme. Cet événement l’a aussi fait réfléchir, elle a décidé de changer son activité afin d’accorder plus de temps aux soins de ses enfants. Avec le deuxième crédit de 20.000FCFA obtenu au début de ce mois, elle s’est reconvertie. Désormais, dame Lokpon Harine vend de la bouillie de maïs accompagnée de sucre et de lait. Elle développe son activité les matins dans une pirogue sur le lac Nokoué de 7h30 à 12h00. Elle ne se plaint pas car elle a diversifié son étalage en y ajoutant du pain sucré. Son ambition est de devenir une femme économiquement très active afin de pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants.

samedi 7 juin 2008

Heure de pointe

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Je me souviens parfois de ma vie à Londres avec nostalgie, prendre la Victoria Line jusqu’à Euston Station, essayer de trouver une place assise, feuilleter le dernier numéro de Metro, lire mon horoscope… juste au cas où... je pourrai presque rêver d’un cappuccino fumant, s’il ne faisait pas 40 degrés à l’ombre...

Aller au travail à Ouaga est une expérience bien différente et loin d’être routinière. Pour commencer, les trois premiers mois, je n’avais pas de bureau en tant que tel, je faisais beaucoup de visites terrain, voyageais en dehors de Ouaga, jusqu’à Banfora près de la frontière avec la Côte d’Ivoire, ou Fada N Gourma sur la route du Niger. Je consultais internet des cybercafés ou des hôtels 5 étoiles pour le coût d’un jus d’orange hors de prix. En mai, ma prospection tirait à sa fin, finies les promenades sur les marchés ou les discussions avec les femmes sur leurs conditions de vie et leurs petits métiers, il était temps de s’asseoir à un bureau et de rédiger des demandes de financements, J’ai alors décidé de sous louer un bureau dans une des institutions de microfinance que j’avais rencontrée. Ca allait être quelque chose de découvrir la vie de bureau au Burkina!

Parce que je n’ai pas encore eu le courage d’apprendre à conduire une moto dans les rues encombrées de Ouaga… j’ai été un peu refroidi par le nombre d’accidents souvent violents et bien trop fréquents ici… j’utilise donc plutôt des taxis. Une fois que l’on a compris sur quelles lignes ils circulent, un peu comme des bus, c’est un moyen de transport bien pratique.
Les taxis sont vert citron, avec des pare brises rafistolés au scotch fort, pas toujours de poignées et encore plus rarement des freins. Si c’est une bonne course, le chauffeur de taxi peut espérer empiler trois passagers sur le siège avant et quatre sur la banquette arrière, sans compter une chèvre et deux vélos dans le coffre. C’est extrêmement bon marché à 200 FCFA (0.30 euros ou 20 pence) la course, à moins que vous ne vouliez sortir du centre ville, auquel cas vous devrez négocier le prix. C’est une façon plutôt amusante de se déplacer, jusqu’à ce que vous commenciez à faire le calcul pour le chauffeur qui doit payer la location de la voiture au patron (même si ce sont des Peugeot ou des Mercedes complètement délabrées) et l’essence… il lui faudra faire beaucoup de courses à 200 FCFA pour arriver à gagner sa vie et nourrir sa famille… quelque chose à méditer pendant que vous faites un long détour pour arriver à votre destination.
Il peut s’écouler 15 à 50 minutes entre le moment, où je quitte la maison, salue les voisins, discute avec les enfants dans la rue et arrête un taxi, et celui où j’arrive au travail, cela dépend bien sûr aussi de la route panoramique que nous empruntons… ce peut être long, mais jamais ennuyeux.
Et si vous trouviez que cela était un peu dangereux… attendez d’être à Cotonou au Bénin, où ce sont des zemi-johns, facilement repérables aux chemises jaunes des conducteurs, qui vous emmèneront d’un bout à l’autre de la ville, des trajets en moto dangereux en temps normal et limite suicidaires à l’heure de pointe. Malgré tout ça, je préfère encore jouer les kamikazes à Cotonou, que de rester coincée sur la Northern Line pendant deux heures…

Rush hour

I sometimes have flashbacks of my life in London, getting on the Victoria Line down to Euston station, trying to get a seat, flicking through the latest issue of Metro, reading my horoscope… just in case... I can get a little craving for a steaming cup of cappuccino...

Going to work in Ouaga is quite a different experience, and not much of a routine. Well, to start with, for the first 3 months, I did not have an office, as such, I was making a lot of field visits, traveled to different cities, as far out as Banfora near the border with Ivory Coast, or Fada N Gourma on the road to Niger. I was keeping in touch with the office using cybercafés or posh 5-star hotels with free wifi connection for the cost of an overpriced orange juice. In May, my prospection came to an end, no more time for wandering around crowded markets and chatting to women about their everyday life and work, it was time to sit down and write some grant applications, so I decided to sublet a desk in one of the microfinance institutions, I had visited. It promised to be fun to find out more about office life burkinabé style!

Because I have not been brave enough yet to ride a motorbike in the chaos of Ouaga’s busy streets… I came across too many bloody road accidents, and this was a bit of a put off… I rely mostly on taxis to get around. Once you figure out, that they have their own routes, pretty much like a bus, it’s a great way to get around. Taxis here are lime green, with windscreens held together with bits of brown tape and missing door handles and more often than not faulty brakes. If it’s a good ride, a cab driver can get up to three people in the front seat, four at the back and a goat and a couple of bikes in the boot. It’s quite cheap, about 200 FCFA (0.30 euros or 20 pence) per journey, unless you want to get out of town, when you have to negotiate the price. It’s an entertaining way to get around town for sure, until you start to calculate how much it costs the driver to rent the car, no matter how run down the Peugeot or Mercedes is, and pay for petrol… it takes a lot of passengers to earn a living and feed his family… something to meditate upon, while you might not take the shortest route to your destination.
It can take me anything from 15 to 50 minutes from the time I step out of the house until I reach the office, depending on how many neighbours there are to greet, how many kids to chat to, and what scenic tour the cab driver takes us on… Going to work here is anything but boring.


And if you thought, it might be a bit unsafe…. Wait until you are in Cotonou, Benin, where it’s zemi-johns that whiz you around town, hair rising at the best of time and plain suicidal during rush hour, you can easily spot them at the yellow shirts their drivers wear. Saying all that, I’d rather play kamikaze anytime in Cotonou, than being stucked for two hours on the Northern Line…

Bonne Arrivée! et Poulet bicyclette

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Bonne Arrivée! Comme on dit au Burkina… Bonne Arrivée sur mon blog. Je n’ai pas donné beaucoup de nouvelles depuis que je suis arrivée en Afrique en Janvier, mais maintenant que j’ai une connection internet, plus d’excuses pour envoyer des nouvelles un peu plus régulièrement!
Ceci étant, avoir internet n’était pas aussi facile que vous pourriez le penser, il a fallu que l’ONATEL vienne planter un nouveau pylône dans ma rue, car personne d’autres n’est connecté, ensuite il a fallu tirer les fils jusqu’ à la maison… et surtout convenir d’un rendez-vous pour qu’ils puissent venir configurer la ligne… pas une mince affaire, mais nous y voila, 3 mois plus tard ! Et maintenant je me demande ce que je peux bien vous raconter d’intéressant...

Au hasard, le poulet… un sujet comme un autre, comme Adama, le gardien de nuit, vient juste de me donner des nouvelles de son poulailler. Mon amie Aurélie avait reçu en cadeau lors d’une visite de terrain un coq et une poule, ça ne se refuse pas. De retour à la maison, cela paraissait une bonne idée de les confier à Adama qui habite juste à l’extérieur de Ouagadougou dans des ‘non lotis’, cela lui ferait une petite source de revenu supplémentaire et améliorerait son ordinaire de bouillie de mil ou de mais. Adama est très consciencieux, alors pendant que le poulailler était en construction, le coq et la poule ont été hébergé dans sa petite maison, ainsi pas de risque de perte ou de vol. Et lorsqu’il est allé les faires vacciner, le vétérinaire lui a expliqué que la pauvre poule allait être épuisée par les ardeurs du gallinacé… Aurélie a donc investi dans deux jolies poulettes (cela coûte entre 1500 et 2000 FCFA selon la taille, c’est à dire 2 à 3 euros). Quelques semaines plus tard, la poule mère a pondu 8 œufs qu’elle couve avec amour et Adama est incroyablement fier de son petit élevage !

Ce ne sont pas toutes les poules au Burkina Faso qui reçoivent un tel traitement de faveur, et si vous avez un petit creux, vous avez le choix entre un poulet ‘bicyclette’ qui a été élevé en plein air et n’a que la peau sur les os ou un ‘poulet télévisé’, un peu plus dodu et nommé ainsi car cuit dans des rôtissoires qui ressemblent un peu à des télévisions…

Maintenant les poulets vraiment malchanceux eux finissent mangés tout crus par les crocodiles… la loi de la jungle… ou du tourisme ! Il y a au Burkina plusieurs lacs sacrés. Le rituel est immuable, vous achetez un poulet pour 1000 FCFA (un peu moins frais que ceux d’Adama), et il est donné en amuse-gueule à un crocodile qui daigne sortir du marécage pour votre bon plaisir et le mâchouiller un peu … c’est l’occasion de sortir la caméra pour prendre des photos d’humains un peu crispés et de crocodiles radieux. Et pour un peu plus d’excitation, vous pouvez lui soulever la queue, le caresser… Je ne m’explique pas pourquoi ils n’ont jamais eu d’appétit pour un homme. Les villageois ont beaucoup de légendes à raconter sur ces caïmans sacrés. Notre guide nous a raconté qu’un de ses amis s’était noyé dans le lac étant petit, et que son corps avait été ramené sur la berge par le doyen caïman… Une nuit, un jeune caïman aurait aussi fait irruption dans sa case pour une petite visite de courtoisie…

Bon, je vous promets que le prochain blog sera végétarien… excusez moi, je suis nouvelle à ce petit jeu !

Bonne Arrivée! and Bicycle Chicken

Bonne Arrivée! As they like to say in Burkina Faso… Bonne Arrivée on my blog. Since moving out to Africa in January, I have been notoriously bad at keeping in touch, but now that I am connected to the internet at home, I was running out of excuses not to send more regular news!
Saying this, getting the internet was not as easy, as you may think, the guys first had to plant a pylon in the street, as no one else here is connected, then drag the lines to my house… and finally find a mutually convenient time to configure everything… which took the best part of 3 months! Anyway, here I am, raking my brains to find out what you back home might be most interested reading about.

Random choice, but chicken is as good an opening, as any, as I just got an update from Adama, the night guardian about how well his hens are doing. My friend Aurélie was given a chicken and a hen on a field visit, gift from the villagers, she could not refuse. She brought them proudly home, but the sensible thing seemed to give them to Adama, who lives on the outskirts of Ouagadougou, this would help him make some extra money with the eggs and improve his family’s diet. Adama does everything very dutifully, so while waiting for the pen to be built, he let the cockerel and the hen roam freely in his house, so they would not get stolen or lost. When getting them vaccinated, the vet quite rightly told him that the ratio 1 male for 1 female, was not so good for the poor hen, and it would be better, if our enterprising cockerel could have more choice, so we bought two more hens (if you ever need shopping for live poultry, depending on the size, a hen costs between 1,500 and 2,000 CFA francs, that’s about 2-3 euros). Now a few weeks later, the first hen laid 8 eggs, and the family is getting bigger. Adama is well pleased and so are we!

Not all poultry in Burkina get such a luxurious treatment though, and when feeling hungry, you have a choice between the ‘bicycle chicken’ or ‘poulet bicyclette’, rightly named because it’s been roaming freely and the meat is so hard to eat and there is hardly anything to chew on or the ‘television chicken’ or ‘poulet télévisé’, slightly tastier and named so, because it is grilled in these glass cabinets that resemble televisions…

Now very unlucky chicken might end up eaten alive by a crocodile… nature is cruel… There are a couple of sacred lakes within easy reach of Ouagadougou. The ritual is the same each time, you can buy a live chicken at a sacrificial price of 1,000 CFA francs, not quite the premium quality of Adama’s lot, it’s fed to a croc which lumbers out of the water with much effort… and you can take photos of you with a lopsided smile and the croc grinning wi
dely. If crocodiles really give you frisson, you can lift its tail, stroke his head… Why they don’t eat you alive remains a mystery to me. The villagers will tell you many legends. Our guide told me that one of his friends drowned in the lake, as a little boy, his body was carried out of the water by one of the crocodiles, who gently laid it on the shore… Another night, a crocodile came to his home, just for a courtesy visit…

I promise the next entry will be more suitable for vegetarians… that’s a first attempt at blogging, you’ll have to excuse me!