samedi 7 juin 2008

Heure de pointe

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Je me souviens parfois de ma vie à Londres avec nostalgie, prendre la Victoria Line jusqu’à Euston Station, essayer de trouver une place assise, feuilleter le dernier numéro de Metro, lire mon horoscope… juste au cas où... je pourrai presque rêver d’un cappuccino fumant, s’il ne faisait pas 40 degrés à l’ombre...

Aller au travail à Ouaga est une expérience bien différente et loin d’être routinière. Pour commencer, les trois premiers mois, je n’avais pas de bureau en tant que tel, je faisais beaucoup de visites terrain, voyageais en dehors de Ouaga, jusqu’à Banfora près de la frontière avec la Côte d’Ivoire, ou Fada N Gourma sur la route du Niger. Je consultais internet des cybercafés ou des hôtels 5 étoiles pour le coût d’un jus d’orange hors de prix. En mai, ma prospection tirait à sa fin, finies les promenades sur les marchés ou les discussions avec les femmes sur leurs conditions de vie et leurs petits métiers, il était temps de s’asseoir à un bureau et de rédiger des demandes de financements, J’ai alors décidé de sous louer un bureau dans une des institutions de microfinance que j’avais rencontrée. Ca allait être quelque chose de découvrir la vie de bureau au Burkina!

Parce que je n’ai pas encore eu le courage d’apprendre à conduire une moto dans les rues encombrées de Ouaga… j’ai été un peu refroidi par le nombre d’accidents souvent violents et bien trop fréquents ici… j’utilise donc plutôt des taxis. Une fois que l’on a compris sur quelles lignes ils circulent, un peu comme des bus, c’est un moyen de transport bien pratique.
Les taxis sont vert citron, avec des pare brises rafistolés au scotch fort, pas toujours de poignées et encore plus rarement des freins. Si c’est une bonne course, le chauffeur de taxi peut espérer empiler trois passagers sur le siège avant et quatre sur la banquette arrière, sans compter une chèvre et deux vélos dans le coffre. C’est extrêmement bon marché à 200 FCFA (0.30 euros ou 20 pence) la course, à moins que vous ne vouliez sortir du centre ville, auquel cas vous devrez négocier le prix. C’est une façon plutôt amusante de se déplacer, jusqu’à ce que vous commenciez à faire le calcul pour le chauffeur qui doit payer la location de la voiture au patron (même si ce sont des Peugeot ou des Mercedes complètement délabrées) et l’essence… il lui faudra faire beaucoup de courses à 200 FCFA pour arriver à gagner sa vie et nourrir sa famille… quelque chose à méditer pendant que vous faites un long détour pour arriver à votre destination.
Il peut s’écouler 15 à 50 minutes entre le moment, où je quitte la maison, salue les voisins, discute avec les enfants dans la rue et arrête un taxi, et celui où j’arrive au travail, cela dépend bien sûr aussi de la route panoramique que nous empruntons… ce peut être long, mais jamais ennuyeux.
Et si vous trouviez que cela était un peu dangereux… attendez d’être à Cotonou au Bénin, où ce sont des zemi-johns, facilement repérables aux chemises jaunes des conducteurs, qui vous emmèneront d’un bout à l’autre de la ville, des trajets en moto dangereux en temps normal et limite suicidaires à l’heure de pointe. Malgré tout ça, je préfère encore jouer les kamikazes à Cotonou, que de rester coincée sur la Northern Line pendant deux heures…

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