dimanche 21 septembre 2008

‘Where were you on 9/11’

Stuff they could have said in the not-so-convincing exhibition at the Caen Memorial ‘Where were you on 9/11’...

3,000 people died in attacks on the Twin Towers


24,000 people died of hunger

6,020 children killed by diarrhea

2,700 children killed by measles

8,000 people died of HIV Aid related illness

5,500 people died of malaria


(source: Hagar International)

‘Ou étiez-vous le 11 septembre 2001’

Une exposition pas si convaincante au Mémorial de Caen… ce qu’ils auraient pû ajouter... Ce jour-là

3,000 personnes sont mortes dans les attentats des Twin Towers

24,000 personnes sont mortes de faim

6,020 enfants sont morts de diarrhée

2,700 enfants sont morts de la rougeole

8,000 personnes sont mortes de maladies liées au SIDA

5,500 personnes sont mortes du palu

(source: Hagar International)

samedi 20 septembre 2008

The smell of green papaya

(en français plus bas)

... A beautiful Vietnamese film which tells of the love that frees and enslaves us at the same time ... A must-see...
More prosaically, a spoonful of papaya seeds is an excellent remedy against amoebae, these small parasites that keep our African intestines company ... I think it's a trick that deserves to be shared.

And even better, not only is papaya both a fruit (raw) and vegetable (cooked), but it improves sexual performance and its leaves can be brewed to keep away mosquitoes, according to Mathieu the office watchman, who dutifully looks after the tow papaya trees growing in the yard. Useful tips in a country like Burkina Faso, where multiple marriages are as widespread as malaria...

Finally, if you were not yet convinced, papaya has more beta carotene than carrots and more vitamin C than kiwi ... dixit my friend Somaly in Cambodia.

Something I might not have learnt, had I stayed in Walthamstow!

L’odeur de la papaye verte

… Un très beau film vietnamien qui nous parle de l’amour qui nous libère et nous rend esclave à la fois… A voir absolument…

Plus prosaïquement, une cuillerée de graines de papaye est un excellent remède contre les amibes, ces petits parasites qui tiennent compagnie à nos intestins africains… je pense que c’est une astuce qui a toute sa place sur internet.

Et pour joindre l’utile à l’agréable, non seulement la papaye est un fruit (crue) et un légume (cuite), mais elle améliore les performances sexuelles et ses feuilles en infusion éloignent les moustiques, m’informe Mathieu, notre gardien au bureau qui veille avec amour sur nos deux papayers… probablement une bonne chose au Burkina Faso, où la polygamie est encore aussi répandue que le palu…

Enfin, si vous n’étiez pas encore convaincus, la papaye a plus de beta carotène que la carotte et plus de vitamine C que le kiwi… dixit mon amie Somaly au Cambodge.

Voilà encore quelque chose que je n’aurais pas appris en restant à Walthamstow!

dimanche 14 septembre 2008

'Mary who Dries your Tears'

(traduction en français ci-dessous)

Tuesday morning, we were with a group of widows in Moukassa, 5km away from Koudougou, they have chosen for their Solidarity Group the poetic name of 'Mary who Dries your Tears'… it speaks to me, I can feel a bit soapy these days … Thanks to microcredit, they go about with their small businesses, selling doughnuts or dolo**, breeding chicken. The Solidarity Group is a new family for these eighty women, whose widowhood has often excluded from their community.

The next day, sitting under a mango tree, we are witnessing the meeting of another Solidarity Group, consisting of eleven men and three women this time. They will need a loan to buy cereals, not Kellogg's Corn Flakes, but 75 small bags of red millet, white millet, peanuts and corn, this will cost 10,000 FCFA* a bag It may then be sold between 13,500 FCFA and 20,000 CFA francs in April…
At the moment in Burkina Faso, while we are waiting for harvest and because it’s Ramadan, the price of cereals is shooting up by as much as 20% in Ouagadougou, and rice has become a luxury for most… This is also where these speculative games lead…

7km away from Moukassa, in another small village, under a shea tree this time, we meet the Solidarity Group Tikwende. All there is to eat here at the moment is a bowl of porridge in the evening, fortunately there are some leaves and edible roots to grind and add to the meager rations. In the morning, the left-overs go to the youngest ones, the oldest make do with a bowl of dolo and 'each to their own' for the rest of the day, they say, laughing. At lunchtime, they will have to scavenge for a little something alone. The women are struggling enough to fill the pot once a day in the evening and feeding families of 10 to 15 people. The cellars are not quite empty yet - there is still a little something, but they must keep it to sell and in a few days be able to pay the fee to send the children to school.

In the Mouhoun region, people do not have enough food. The first crops of the season, peanuts and corn, were good, the rains have been regular since August and the availability of edible leaves helps local people to feed themselves during the lean period.
But sustainable solutions are difficult to find and the problem recurs every year, of course, we can encourage the processing of cereals for added value… Can all the initiatives like the sale of cereals at a subsidized price, cereal banks, and of course microcredit really make a difference? Shouldn’t we just give up? Of course not, because the women of 'Tikwende' or 'Mary Dries your Tears' keep their heads up and fight daily, and even in this most difficult time, they insist on giving their visitors a few eggs, as a gift ; what else to do but swallow your tears, thank them and take example.
The sun goes down, four small shepherds in a line are returning from the fields, the first one carrying her little sister on her the back while pulling a goat, the last one can’t be more than three year old, and he is dragging behind him a stubborn little kid.


For more information on Solidarity Groups: http://www.entrepreneursdumonde.org/blog/westafrica/2008_06_01_archive.html

** Dolo, local millet beer
* Eur 1 = 656 FCFA

‘Marie qui Essuie les Larmes’

Mardi matin, nous étions avec un groupe de veuves de Moukassa à 5km de Koudougou, elles ont choisi pour leur Mutuelle Solidarité le poétique nom de ‘Marie qui Essuie les Larmes’… cela me parle, j’ai la larme facile ces temps-ci… Grâce aux microcrédits, elles font du petit commerce, vendent des beignets ou du dolo**, élèvent des poulets. La Mutuelle Solidarité, c’est une nouvelle famille pour ces quatre-vingt femmes que le veuvage a souvent exclu de leur communauté.

Le lendemain, assis sous un manguier, nous assistons à la réunion d’une Mutuelle Solidarité un peu différente, composée de onze hommes et trois femmes. Ils demandent un microcrédit pour acheter des céréales, pas des Kellogg’s Corn Flakes, mais 75 sacs de petit mil, mil rouge, mil blanc, arachides, ils coûteront 10,000 FCFA* l’unité en octobre, et pourront être revendus entre 13,500 FCFA et 20,000 FCFA en avril…
En même temps en ce moment au Burkina Faso, dans l’attente des récoltes et avec la période du Ramadan, le prix des céréales est en hausse, jusque 20% à Ouagadougou, et le riz est devenu un luxe… Voilà aussi, où mènent ces jeux spéculatifs…

A 7km de Moukassa, dans le petit village où habitent les membres de la Mutuelle Solidarité Tikwende, on ne mange la bouillie que le soir, et heureusement qu’il y a des feuilles et des racines comestibles pour remplir un peu l’estomac, on les pile et on les ajoute aux maigres rations. Le matin, les restes seront pour les petits, les plus grands se rassasieront avec une calebasse de dolo et ‘sauve qui peut’ pour le reste de la journée, racontent-ils, rieurs. Le midi, chacun se débrouille.
Ce sont les femmes qui se démènent pour remplir la marmite le soir et nourrir des familles de 10 à 15 personnes, les greniers ne sont pas tout à fait vides nous disent-elles, il reste un petit quelque chose, mais il faut le garder pour payer dans quelques jours la scolarité des enfants qui reprendront l’école.

Dans la boucle du Mouhoun, les gens ne disposent pas suffisamment de ressources vivrières. Les premières récoltes d’arachides et de maïs ont été bonnes, les pluies ont été régulières depuis août et la disponibilité de feuilles comestibles aide les populations locales à se nourrir pendant la période de soudure.
Les solutions durables sont difficiles à trouver, encourager la transformation des céréales, les cultures vivrières… Toutes ces initiatives en cours de vente de céréales à prix social, de banques de céréales, et bien sûr de microcrédits peuvent elles changer la donne durablement ? Pourquoi ne pas baisser les bras ? Parce qu’elles-mêmes les femmes de ‘Tikwende’ ou ‘Marie qui Essuie les Larmes’ gardent la tête haute et se battent, et même en cette période difficile, elles auront trouvé quelques œufs de pintade à offrir à leurs visiteurs, qui ravalent leurs larmes et prennent exemple.
Le soleil se couche, quatre petits bergers à la queue leu leu rentrent des champs, la première porte une petite sœur dans le dos tout en tirant une chèvre, le dernier n’a pas plus de trois ans et promène à la longe un minuscule chevreau récalcitrant.



Pour plus d'information sur les Mutuelles Solidarité: http://www.entrepreneursdumonde.org/blog/afriquedelouest/2008_06_01_archive.html

** dolo, bière de mil locale
* 1 Eur = 656 FCFA