mercredi 28 janvier 2009

An African Winter

The Harmattan is a dry and dusty wind. It blows south from the Sahara and in January, it’s probably at its peak in Ouaga. On its passage over the desert, it picks up fine dust particles that will cover everything at home within hours. Table tops, mosquito nets, curtains, books, clothes, everything gets a reddish shade from the sand.
Mornings and evenings especially, the heavy amount of dust in the air can severely limit visibility and block the sun for several hours, not unlike the London fog. It gives a nice, soft contour to things... It also makes you cough and sneeze, and wish you had remembered to wear a cheche...

Some people say that men and animals become increasingly irritable when this wind has been blowing for a while. Others that the cool wind brings relief from the oppressive heat… I am not sure about the former, people being always so smiley here, 'yel ka ye', there are no problems, never ever... But the latter is definitely true, it does bring the temperature down, it suffices to look at the woolies, Malika is wrapped in every day… today proudly displaying her green outfit!
And because with Obama president, the US seem closer than ever before, I also heard today that red dust from the desert can be tracked all the way to America…


dimanche 25 janvier 2009

Looking sheepish...

What was this on the bus coming from Bobo...?

It's not rare seeing people riding on top of a truck, sitting high on piles of suitcases, mattresses, bags of cement and sacks of grain, clinging onto dear life and bits of ropes... it's not so often, you see a sheep grazing on top of a bus and whizzing by at 50km...






samedi 27 décembre 2008

Joyeux Noël du Burkina!

Le Père Noël était aussi passé un peu en avance à Ouagadougou et j'avais au fond de mon sac à dos un petit colis minutieusement empaqueté et ficelé pour mes parents en France, cadeaux d'amis qu'ils ne connaissent pas encore. Ces petites attentions m’ont émue aux larmes venant de ces amis qui ont si peu et sachant l’effort pour eux d’écrire une lettre. Mazou par exemple a appris à lire et écrire seul, il y a seulement quelques années. Il avait acheté un batik*** représentant des paysans buvant le dolo* avant d’aller aux champs, une belle façon de partager le quotidien de la vie au village, lui qui a travaillé toute son enfance aux champs et à garder les troupeaux avant de partir chercher du travail à Ouaga à 13 ans. Il essaie d’imaginer à quoi peut ressembler notre vie en France… mais ce n’est pas facile… ‘Zéro degré, tu veux dire qu’il va faire aussi froid dans ta maison que dans un réfrigérateur ?’



Gladys, sa belle-sœur elle a 30 ans, elle a quitté l’école au CM2. Elle habite à Nagré dans un non-lôti en périphérie de Ouaga, elle tisse des pagnes et s’occupe de la maison et de ses deux enfants. Elle m'avait donné pour ma maman deux petites calebasses** et cette longue lettre qui partage sa vie en Afrique et les instructions pour bien utiliser les calebasses... Calebasses si indispensables au quotidien en Afrique… et notamment pour boire le dolo… on y revient encore!

















* bière locale
** la calebasse est un récipient rond fait avec le fruit du calebassier, un arbre tropical
*** batik : avec cette méthode, on utilise de la cire que l’on enlève ensuite, sur les parties du tissu que l’on ne veut pas teindre... ou quelquechose comme cela...

mercredi 24 décembre 2008

When Brazil comes to Burkina




Late November, there was a music festival in Koudougou, 90km out of Ouaga, Les Nuits Atypiques de Koudougou. I could not make it, because I was otherwise busy visiting some rice growers in Tougan near the Malian border, but my sister went… so brought home a couple of Brazilian musicians and a slice of the festival to share with me and all the children of the street. Our very own concert on our little terrasse in Samandin ! Eléonore’s friends were staying with us waiting until their flight to Sao Paulo took off, so we had a couple of hours of singing and dancing to Brazilian and Burkinabè rythms. Great mix of music and cultures ! Aïcha was dancing graciously in her dusty shorts, Ali could not believe his eyes, looking at their three… yes, three guitars… how famous must you be to get so many ! He eventually got back to his new job, plating hair at a barber shop around the corner, stars in his eyes… So to see us ‘remuer les reins’ or ‘shake your kidneys’, as it literally translates into, just look at the photos below!
And for some mellow original Brazilian vibes

lundi 24 novembre 2008

Heureux qui comme Ulysse, ou telle Pénélope...


Dimanche 11h, un soleil de plomb, on pourrait presque être en avril… nous attendons le bus numéro 10 au bord du nouveau goudron près de la mosquée blanche… plein d’espoir, il y en a 2 par heure, mais le dimanche le temps s’écoule encore plus lentement… Le temps pour Mazou de nous faire la généalogie de sa famille. Il est le quatrième, sa maman a eu deux filles et deux fils. A la mort de leur papa, elle a été mariée à un frère, dont elle a eu encore deux fils, les jeunes que nous voyons aider Mazou à l’épicerie. Aujourd’hui, nous allons chez Gladys Kongo la belle-sœur de Mazou. Il faut prendre le bus jusqu’au terminus, passer Ouaga 2000, passer le cimetière…

Bienvenue dans les non lotis de Nagré, petites cahutes de terre et tôle, où les habitants essaient de survivre tant bien que mal en bordure de la grande ville… Ce ne sont pas les bidonvilles denses et surpeuplés d’Inde ou des Philippines, mais c’est une autre forme de survie, de misère et d’entraide sur cette terre aride, sans accès à l’eau ou l’électricité…
Immigrés arrivés pendant la guerre en Côte d’Ivoire, Peulhs, paysans venus à Ouaga chercher un travail… et coincés ici, n’ayant pas l’argent pour le billet du retour… autant d’histoires que de visages souriants qui nous accueillent curieux… Gladys accourt avec ‘l’eau de l’étranger’ pour nous souhaiter la bienvenue. Elle habitait dans un petit village à 20km d’ici, ils ont emménagé il y a 10 ans avec son mari. Kevin est né peu après, puis la petite Ingrid… des prénoms qui témoignent de l'influence de la tv, ici comme ailleurs...


Leçon numéro 1, ce matin, nous allons apprendre à tisser ces longues bandes de tissus qui sont ensuite cousues pour faire des pagnes. Gladys achète le fil de coton naturel puis le teint selon la demande ou son imagination. Le mouvement est d’abord hésitant, pieds et mains mal synchronisés, mais une fois le rythme pris… Pénélope attendant le retour d’Ulysse, sauf que ma tapisserie est beaucoup plus abstraite, de longues bandes de tissus entremêlant fils argentés, violets et jaunes… Gladys n’a pas le temps de faire plus de quelques mètres par jour avec toutes les corvées journalières et les enfants… La navette glisse entre les mains, on s’interrompt seulement pour remettre du fil… ou saluer les curieux qui se demandent qui nous sommes ! Le voisin nous passe un verre de thé encore fumant…

Leçon numéro 2, cuisiner le tô, ce plat traditionnel burkinabé, une pâte à base de farine de maïs ou de mil ; que l’on mange avec des sauces différentes. Eléonore a de la chance pour cette introduction à la gastronomie locale, car c’est la sauce gombo, aussi connue sous le nom de sauce gluante que l’on prépare ! Il faut beaucoup de force pour préparer le tô, c’est un travail très physique et la chaleur du foyer trois pierres rend la tâche encore plus ardue. En notre honneur, il y a même de la viande aujourd’hui dans la sauce du tô. On se régale et l’on se brûle les doigts en mangeant. Kevin rigole, si c’est la première fois pour Eléonore de manger du tô, c’est sa première fois à lui de voir des blancs manger avec les doigts ! Pour faire passer tout cela, Nadiatou et moi allons chercher un ‘bidon de zom-com’, un jus très apprécié ici, fait de farine de mil diluée dans de l’eau sucrée, épicé avec du gingembre et servi avec de la glace.
Le temps de regarder encore l’album des photos de famille, où l’on découvre que Kevin du haut de ses 9 ans a déjà été à l’aéroport de Ouaga, au zoo de Ziniare et a même rencontré le Père Noël… Ingrid est fiévreuse et bougonne, le palu… Le soleil se couche sur l’horizon, il est temps de faire nos adieux et de reprendre le bus numéro 10 pour Ouaga. On promet de revenir avant le départ d’Eléonore pour une autre leçon de cuisine ou passer la nuit et profiter des jolis ciels étoilés, loin des lumières et de la pollution de la ville…

dimanche 16 novembre 2008

Burkina Star sur le podium

J’assistais hier soir à la Grande Finale de Métronome Productions à la RTB. En lice, trois groupes burkinabé qui avaient à chanter des morceaux imposés et d’autres de leurs propres compositions… Thème de la compétition : ‘Musique, jeunesse et retour à la terre’ - tout un programme et les incontournables de toute manifestation ici, dans le jury quelques ministres et directeurs d’écoles de musique. Yoni, Kundé d’Or de la Musique 2008 était aussi de la partie. Pour une introduction au showbiz local, je suis gâtée. Mention spéciale à Flame, deux jeunes filles pleines de talent qui mènent par le bout du nez un orchestre masculin et portent des costumes mariant paillettes et pagne traditionnel, et le premier prix va à Burkina Star, l’Etoile du Burkina. Ouf, j’avais misé une Brakina ! Tous les participants reçoivent comme prix une boite de préservatifs de la taille d’un paquet de Kellogg’s… Les heureux gagnants ont le choix entre 500 000 FCFA ou l’enregistrement d’un album et de trois clips vidéo, ils choisissent l’argent… petit bémol sur une soirée autrement fort rythmée pour leurs fans comme Guibi qui auraient préféré qu'ils soient moins terre à terre!
Des dizaines de jeunes dans le public ont les yeux qui brillent, qu'ils portent des tenues de rappeur, des t shirts Bob Marley, ou du tissu bazin, ils s'imaginent sur le podium l'année prochaine. Retour pétaradant en P50 et en évitant les barrages de police du samedi soir, car j’ai (encore) oublié mes papiers…

En musique :
http://www.tnb.bf/emissions/musique/metronome.html - cherchez l’erreur dans l’assistance!

dimanche 9 novembre 2008

The Kigba Dance

(en français plus bas)

Yesterday morning I was woken up by the chilling cry of a goat that was being (badly) slaughtered... it was too early to go next door and film the event. Today it’s the sound of drums that dragged me out of the house ... there was a wedding celebration in a compound a few doors up the road.
Muslim weddings in Burkina Faso are celebrated in two different ways, There is a traditional marriage, the religious ceremony and a civil marriage, taking place at the town hall and very much inspired by the French... for better or worse. Strange mix of tradition and modernity, polygamy is officially recognized in Burkina Faso.

In the past, wedding celebrations lasted a week, but nowadays it takes place over two or three days. Thursday, male representatives of both families went to the mosque to marry the couple, whose presence is not required. It reminded me of the history of Barema, a Malian friend who once received a text message while in Alsace with his girlfriend confirming the imam had given his blessing and they were officially married.
Yesterday, the wife left our street and her family to move into the groom’s compound. She will be kept there alone for several days. Meanwhile, the festivities are well underway in her own compound, where women have gathered to sing and dance.

And that's what I heard this morning and I would like you to take a look at: the popular and woman only Kigba dance, where you shake and hit your bums. A new word for my Moré dictionary, kigba, bum.
Aicha looks a bit ill at ease in her dirty satin dress, and I’ll find her a lot happier a few hours later running freely in her underpants. But the boys are proudly sharing and wearing a tie made of beads of the latest fashion.