dimanche 7 avril 2013

Le papier du robinet


Ce matin, Fadel appelle fièrement de derrière notre grand portail en fer. « Laetitia, il faut ouvrir, chépapiédurobiné ! »
Je ne comprends pas tout de suite, d’habitude ses ‘sésame, ouvre toi’ pour me persuader d’ouvrir la porte à un petit garçon turbulent de 5 ans sont « Laetitia, ché moi seul » ou « Laetitia, ché pour dechiner, travailler beaucoup ».
J’ouvre tout de même pour découvrir un petit bonhomme, son short à l’envers, le torse bombé qui tient fièrement … la facture d’eau.

De fait, à Ouaga, on a bien le fameux adressage, des numéros de parcelles et quelques noms de rue, voir d’avenues (Kwame Nkrumah, Muammar Gadaffi ou René Monory pour ne froisser personne…), mais l’on n’a pas encore de boîte aux lettres. A mon arrivée en 2008, j’ai ouvert une boîte postale pour notre association, mais les factures, elles, continuent à être glissées, comme par miracle, tous les mois, sous le portail par d’infatigables agents de l’ONEA ou de la SONABEL. Comment nous trouvent-ils, comment rien ne s’envole ou ne se perd, je ne sais pas… Mais ce mois-ci encore, le papier du robinet est arrivé à destination.

samedi 23 février 2013

Bats in the belfry...


It all started late December with some noises coming from the ceiling... Because the roof is made of corrugated iron, it echoed... Probably lizards, and I quite like them, as they feast on mosquitoes, so I hardly took any notice! Except I am now back home after travelling for a few weeks, and the noise only got worse. Now it wakes me up at 5am, and tonight, the dog was looking inquisitively at the ceiling, then at me, wondering, if I would do something to protect him... 
I asked Adama to come and listen. Was it a fat lizard snacking on too many mosquitoes, a cat, a bird? A mouse, but then it must be a rather big mouse? In fact, yes, Adama confirmed, it must be a rat... What to do?! I can houseshare with a lot of living creatures, but a rat... Adama suggested, we found a ladder, then look for a gap in the ceiling... - Then we get up and see... - Very well, but see what? What do we do next? Tame the little fellow, poison it, set a mousetrap? - No, no, it's ok, two of us can catch it - Catch the rat... Then what? I don't really want to get acquainted or anywhere near it...  - No, no, then we catch it and we eat it!
Well, of course! Why did it not cross my mind! I was indeed taught some weeks back at a game farm  in Koubri that Gambian rat is the most profitable, then aulacode, then porcupine is the third most profitable to breed... Lion is not a good investment, as you need half a goat a day to feed it. So at least, we have no lion in the attic... And if bats ever move in, at the market in Accra and Abidjan, I noticed that nicely smoked, they are worth more than chicken these days! Bon appétit!

Une araignée au plafond...

Tout a commencé fin décembre avec des bruits de petites pattes courant sur le toit, et comme il est en tôles, cela résonne un peu. Probablement des margouillats, ces petits lézards plutôt bienvenus de mon point de vue car mangeurs de moustiques. De retour après quelques semaines d'absence, je réalise que le bruit de ces petites pattes se fait bien plus insistant, cela me réveille à 5h du matin, et on les entend même le soir en rentrant... Et ce soir, c'est Rex qui courageusement regardait le plafond se demandant apparemment si j'allais le protéger...
J'ai demandé à Adama de venir écouter, était-ce un margouillat bien gras, un chat, un oiseau, une souris, mais alors une grosse souris... De fait oui, il a confirmé, cela serait un rat... Que faire?! Je peux cohabiter avec beaucoup de choses, mais un rat... Adama suggère que l'on trouve une petite échelle, on a une trappe dans le plafond. - On va l'ouvrir monter voir... - Ok, très bien, et après? Je me demandais déjà s'il fallait mieux du poison, un piège... - Non, non, c'est même pas la peine, on va se mettre deux et l'attraper... - L'attraper? Et après... - Et bien le manger!
Evidemment, je ne sais pas pourquoi, je n'y pensais pas! On m'a pourtant bien expliqué l'autre jour à la ferme d'élevage de Koubri qu'en terme de viande sauvage, le rat de Gambie est le premier rentable, l'agouti le second et le porc-épic le troisième rentable... Le lion n'est pas du tout rentable, car il faut le nourrir à coup d'une demie chèvre par jour au moins! Heureusement, pas encore de lion au plafond!

Yovo, Yovo, Bonsoir!

Après quelques années en Afrique et parfois plusieurs jours sans voir de Blancs, on oublie parfois que l'on aura toujours du mal à se fondre dans la masse... Au Bénin, on est accueilli par une petite chanson que scandent les enfants, parfois les seuls mots de français qu'ils connaissent: 'Yovo, Yovo, Bonsoir... ça va bien, merci'... Et ce dès le petit matin! Au Togo, on est encore des Yovo, mais passée la frontière avec le Ghana, on devient des Obroni... A Ouaga, nous sommes des Nassara et à l'ouest du pays ou au Mali des Toubabou...

La plupart du temps, le mot est lancé avec sympathie, en signe de 'bonne arrivée'... Quelquefois évidemment, on devient le symbole d'une histoire plus ou moins récente et de conflits ou clivages qui nous dépassent, que ce soit des prises d'otages, ou de simples altercations... De la part d'adultes, ce peut être assez virulent, comme cet homme croisé à Abidjan dans un bidonville qui commençait à me crier après, tu fais quoi, tu veux quoi, c'est à cause de gens de ta race que l'on vit dans cette merde... J'étais prise de court, ai lancé que j'habitais au Burkina depuis quelques années, que la couleur de la peau ne faisait pas tout, bien m'en a pris. Comme beaucoup d'Ivoiriens, il était d'origine burkinabè, venu travailler dans les plantations d'huile de palme, donc quelques mots de Mooré plus tard, on était presque en bons termes.

Et puis parfois ce sont les enfants qui sont terrorisés de voir une Blanche, on leur raconte tellement souvent que les Blancs vont les emmener s'ils ne sont pas sages... Tout récemment, c'est un petit bonhomme d'un an pas plus qui pleurait dès que mon regard croisait le sien... Il paraissait un peu petit pour déjà avoir entendu toutes ces terribles histoires d'ogres blancs, mangeurs d'enfants, mais sa maman m'a expliqué le problème: 'Il pense que tu as piqûre'... 'Piqûre??'... 'Oui, à l'hôpital,c'est les Blancs qui l'ont piqué'... Dur ensuite de rétablir la confiance! Sauf dans mon quartier, là après quelques années, pour les plus jeunes enfants qui sont 'nés me trouver là', tous les Blancs de passage sont des Laetitia!

mardi 11 décembre 2012

La France, le Burkina, c’est même chose?


Sans logique apparente du poulet à la mode en passant par les livres, ce soir au dîner Mamou avait beaucoup de questions sur la France…

-          En France, les gens portent des chaussures comme nous autres ? Ils mettent des tapettes (ndlr : des tongues !) ?
-          Oui, quelques jours par an en vacances à la plage, sinon ce n’est pas si courant, par contre en France les gens portent beaucoup de chaussures fermées et des chaussettes car il fait froid…

-          En France, ils ont ‘Ali est vêtu, papa a une moto’ (ndlr : livre de lecture de CP1) ?
-          Les enfants ont des livres pour apprendre à lire, ça ressemble, mais les histoires sont différentes. Par exemple, en France, il y a moins d’enfants qui s’appellent Ali, dans le livre de CP, le garçon s’appelle David, et les papas ont beaucoup de voitures.

-          Et en France, les poules c’est pas même chose qu’au Burkina Faso ? Grand-mère avait amené une plume de poulet qui est grande là (ndlr : une plume d’autruche en fait trouvé à la très intéressante ferme de Wedbila au sud de Ouagadougou)
-          Cette plume là, ce n’était pas une plume de poulet français, mais d’une autruche du Niger, c’est un grand oiseau, plus grand que toi ou moi, avec un long cou… Mais oui, les poules et les poulets français ne sont pas comme les Burkinabè, que ce soit à cause des hormones ou du bon grain, ils sont plus en chair que nos poulets bicyclette…

-          Et en France, on vend les pagnes comme au Burkina Faso ?
-          Non, pas trop, ou alors les gens vont les acheter pour faire un drap ou une nappe, ils ne savent pas trop attacher ça pour s’habiller…
-           ??? Mais alors si on coupe les pagnes et on les coud en habits, ils vont payer ça plus ?
-          Peut-être un peu, mais ça dépend du dessin du pagne, il y a des dessins qui peuvent plaire, mais d’autres non (ndlr : pagne à l’effigie de Monseigneur Ouedraogo, ou de Sainte Rita des Causes perdues…)

-          A l’école on a dit les Français aiment bien le rouge, ils portent beaucoup les habits rouges…

Décidément un sujet inépuisable la France, mais plus on en apprend et moins on comprend !

Do your maths…


2nd December, election day
  • Burkina Faso is a country of over 16 000 000 inhabitants
  • The President is in power since 1987
  • 4 363 817 people are registered to vote
  • 8 000 national and international observers are here to control the elections
  • Legislative elections: 74 political parties are candidates
  • Municipal elections: 81 political parties are candidates

Place your bet…

mardi 1 mai 2012

Run, Forrest, run!

Every morning in Africa a gazelle awakens knowing it must run today faster than the fastest lion or it will be eaten.
Every morning in Africa a lion awakens knowing it must outrun the slowest gazelle or it will starve.
It matters not whether you are a gazelle or a lion, when the sun rises, you had better be running.

dimanche 11 décembre 2011

Rêver, c'est...

'si tu penses quelque chose la nuit, et quand tu ouvres les yeux, ça disparaît'
Mamounata, 13 ans

vendredi 9 décembre 2011

Ca c'est bon récitation, deh!

Me dit Mamou en révisant ses leçons... C'est au programme de CM1, mais nous avions envie de vous le partager.

A ma Mère

Femme noire, femme africaine,
Ô toi ma mère, je pense à toi
Ô Dâman, ô ma mère, toi qui me portas sur le dos,
Toi qui m'allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas,
Toi qui, la première, m'ouvris les yeux aux prodiges de la terre,
Je pense à toi...

Femme des champs, des rivières, femme du grand fleuve,
Ô toi, ma mère, je pense à toi...
Ô toi Dâman, ô ma mère, toi qui essuyais mes larmes,
Toi qui me réjouissais le coeur, toi qui, patiemment,
supportais mes caprices,
Comme j'aimerais encore être près de toi,
être enfant près de toi !

Femme simple, femme de la négation,
ma pensée toujours se tourne vers toi...
Ô Dâman, Dâman de la grande famille des forgerons,
ma pensée toujours se tourne vers toi,
La tienne à chaque pas m'accompagne, ô Dâman, ma mère,
Comme j'aimerais encore être dans ta chaleur,
être enfant près de toi. ...
Femme noire, femme africaine,
ô toi ma mère, merci pour tout ce que tu fis pour moi, ton fils,
Si loin, si loin, si près de toi !
Je t'aime,
je t'aimais,
je t'aimerais toujours!

De Camara Laye, L'Enfant Noir

dimanche 8 mai 2011

Découvrir le programme ID Ghana à Accra

Un article paru cette semaine sur Le Monde.fr pour un petit voyage dans les quartiers d'Accra où nous travaillons.
Bonne lecture!

samedi 2 avril 2011

Repenser le monde… Notre petit monde…

Ce sont les visites de Kadi à la maison qui m’amènent à repenser le monde avec les yeux d’une petite Africaine de 6 ans… Extraits:

Face à un morceau de reblochon, le nez froncé, c’est quoi cela ?

- C’est une sorte de fromage, tu connais le fromage ? On fait cela avec le lait des vaches, le lait des chèvres…

- Ben c’est beurre non ? Mais c’est pas doux, deh…

Mais face à un morceau de chocolat aux amandes et aux raisins…

- Je peux prendre un plus gros ?

- Mais tu n’as pas encore goûté, comment tu sais que c’est bon ?

- C’est chocolat, tu as dit…

… C’est quoi ça, c’est gâté ?

- Non c’est un raisin sec… Et ça oui, ça ressemble à l’arachide, mais c’est une amande

Et incroyablement utile plutôt que de chercher une explication qui sera bien compliquée à comprendre en français, Wikipedia et les photos trouvées sur Google…

Hypnotisée par la lecture de la boîte de Weetabix le matin… Le Weetabix n’a aucun intérêt, classé dans la catégorie des aliments-pour-blancs sans aucune couleur ni saveur… Par contre sur le carton de la boîte…

- C’est quoi ces gens-là avec des bâtons et choses là, leurs pieds sont cassés ?

- Hum non, c’est des chaussures spéciales pour faire du ski. Le ski c’est un sport… On fait cela sur la neige… La neige c’est… Bon on reprend ! Tu fais quoi, toi comme sport ?

- Ballon…

- Voilà, et bien il y a des gens en France, ils font un sport qui s’appelle ski. Pour ça par contre, c’est mieux de ne pas faire sur le sable ou le goudron, c’est mieux quand il y a de la neige sur le sol…

Et pour la neige, je vous épargne la démonstration, mais heureusement que le petit boutiquier du coin a un congélateur !

Mais la plus belle idée revient à un autre de nos petits voisins Guelilou, qui est arrivé à l’heure de la douche de Kadi… Douche avec vrai douche, pommeau rutilant, eau courante, pas d’histoire de seau ce soir là… Donc bien sûr, ça suscite des idées : Mais Laetitia, douche là, ça peut faire comme téléphone aussi ?

On va y penser…

samedi 19 février 2011

On my blogging inability...

A ready-made excuse...

"Unless your name is something along the lines of Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara or Bond - James Bond - you best spend your free time finger painting or playing shuffle board, for no-one with the exception of your flabby-armed mother with stiff hair and a mashed-potato way of looking at you, will want to hear the particulars of your pitiable existence, which doubtlessly will end as it began - with a wheeze."

Borrowed from 'Special Topics in Calamity Physics' by Marisha Pessl, with special thanks to Lorna for giving me this book!!!

lundi 14 février 2011

Fêtons! Let's celebrate!

(In English below)

Aujourd'hui la St Valentin, mercredi le Mouloud, ou anniversaire du prophète... C'est cela aussi le Burkina Faso, une grand tolérance religieuse et des célébrations de tous pour tous! En français, les musulmans peuvent aussi dire couramment qu'ils font leur carême en période de Ramadan...


Today is Valentine's Day, Wednesday, we celebrate Mawlid, the prophet's birthday... This is Burkina Faso for you, religious understanding and celebrations by all for all! When hearing them speak, you might also hear muslim people say they do Lent, when they fast for Ramadan...

dimanche 12 décembre 2010

Kadi Merveille, Kadi Bonheur

Une chanson d'Yves Duteil dans la tête, et quelques photos d'un dimanche on ne peut plus habituel à Ouaga... Kadi grandit...

dimanche 5 décembre 2010

Other Africas, other ways

I took more planes this year than at any other point in my life, which is ironic looking at all the projects I am working on in connection with climate change and CO2 reductions… But I planted a lemon and two papaya trees in my garden in Ouaga? And want to plant more… And travel less! But it was a good eye opener anyway, to see further than West Africa. In no order whatsoever, starting from…

South Africa
I only saw Johannesburg on this trip, and of course Soweto… I don’t know what it was like with apartheid, but I was still shocked at how some people live behind high electrified fences in luxury compounds… others in shacks in squalid conditions… Parts of the city reminded me of Nairobi, Soweto of Kibera… but the wealthy areas with more security, too many gates, too many armed guards. And I kept being reminded I was white, an awkward feeling, because in Burkina Faso, I tend to forget… I had no time to escape and climb the Drakensberg like I talked of so many times with my African flatmate back in London, on another journey maybe… Because I know there is more to South Africa than this

Ethiopia
Twenty-four hours in Addis Ababa and its blue taxis, enough time to know it is a city after my own heart, where slums and residential areas seem to blend. I have no time to find out, if this is really true, just to marvel at the signs in Amharic, at the beauty of the Ethiopian women under their white veils, to eat injera and smell the strong aroma of roasting coffee beans.
A glimpse of magic, but a glimpse at dire poverty also, drinking coffee in a shack under a flyover in construction. The old woman who owns the stall laughs that I would spend the best of 2 hours chatting with her, when I have so little time in Addis. She speaks good English, she once lived in Uganda. And she makes me feel like coming back again soon. It is cold here, one of the highest capital of the world at 2400m…

Morocco
… Has changed so much since I was last there in 2005, highways, tall buildings… Or maybe it is the contrast once again with Burkina Faso or Togo and their bumpy roads and mud houses, but it is strange to think it is on the same continent… I feel disappointed with Casablanca looking at all the signs from French shops, there is even a Paul bakery, and of course Zara, H&M… I only remember fondly this small market tucked away and selling only olives, hundreds of sorts… I feel better in Marrakech sipping mint tea in a traditional riad… I forgot how people would only address men here, I feel invisible… They seem to see right through me, if I am walking with a friend. I am just expected to follow, to agree or at least not to disagree! It’s fine for now, a welcome change actually to be taken care of, but it would drive me insane on a daily basis.

Cameroun
This felt closer to home after all this… Except I guess Douala is a busy port, while you never hear the sirens from the boats in Ouaga! And all around Douala are luxuriant green forests… In some parts, Douala feels like a decaying colonial town, maybe because of the hotel I was put in, fading red carpets and yellowing marble floors. But the markets, the food, I guess the ‘maquis’ as well serving sucreries and Malta Guiness! There was something vaguely familiar!

samedi 10 juillet 2010

Oui, mais...

Jour J moins 3… Je rentre en France lundi soir… Je devrais me réjouir de rentrer… Oui, mais…

Hier soir, je suis passé à la boutique de Mazou, c’est un défilé sans fin, car c’est la dernière journée pour avoir bonus ! 200% de bonus sur Celtel, 100% sur Telmob… rien sur Telecel… "Sap, sap", "vite, vite", avant minuit ! Il ne faiblit pas, même s’il est ‘rhumé’, il fait froid avec l’arrivée des pluies, il faut dire… pour nous !

Cet après-midi, le chauffeur de taxi qui m’emmène en ville ‘vous êtes une belle femme’… Pour couper court, j’assène que je suis mariée, mais voilà, mal m’en prend… ‘mais vous n’avez pas encore d’enfant ? il y a un problème ? pourtant vous faites fouka fouka ?’… Oui, mais…

Sur le chemin du retour, je suis encore à quelques six-mètres de chez moi, je ne connais pas bien les habitants par ici, mais une jeune femme souriante sur son vélo m’interpelle ‘Laetitia, tu ne demandes pas de nouvelles de notre Guibi ?’… Je ne la reconnais pas, mais oui, bien sûr que je veux des nouvelles de Guibi, un petit voisin de 14 ans qui a quitté le quartier il y a près d’un an. Guibi n’allait pas à l’école, la maman de Guibi n’avait pas d’argent, Guibi a volé une poule, et mal lui en avait pris… Des conciliabules au sommet avaient eu lieu à l’époque, ‘il avait volé, oui, mais il avait faim…’ Personne ne m’a écouté bien sûr, moi et mes idées de Blanche ! Et il est parti comme apprenti chez un menuisier. J’apprends que maintenant il travaille dans une boutique qui vend des vêtements non loin du marché de Paag Layiri…

J’arrive près de chez moi, un trio pas plus haut que trois pommes se jette dans mes jambes, René, Madi, Fadel… Ils ont fabriqué un masque qui ne paie pas de mine, un vieux carton, deux trous, un bout de ficelle… mais quelle fierté ! Ils sont couverts de boue, moi aussi maintenant, mais on s'en fiche, c'est tellement bien qu'il pleuve!

Toutes ces petites histoires qui ne riment à rien pour d’autres, mais me donnent le sentiment que j’appartiens un peu à ici… A l’idée de partir 2 mois loin de ces sourires, de cette poussière rouge et de cette odeur de soumbala dans l’air du soir… Je me sens toute nostalgique…

samedi 16 janvier 2010

Croire... Believe...

Adama habite à deux 'six-mètres' (noms des petites ruelles en terre icic au Burkina) du très célèbre Hadj-dont-je-ne-connais-pas-le-nom qui est décédé à l'âge de... 137 ans!! Tout le monde en parle dans le quartier. Si, si, 'il a connu les années 1800' m'assure-t-on, il est parti à la Mecque à pied, 3 ans aller, 3 ans retour... avec 40 francs en poche... Ceci expliquerait donc cela!
Adama n'est pas peu fier d'avoir un voisin aussi prestigieux! Je lui ai demandé si les funérailles avaient eu lieu... Pas encore, il faut attendre le meilleur jour pour le sacrifice... Donc musulman, mais aussi animiste, il avait mis toutes les chances de son côté ce monsieur!

Adama lives a couple of streets (well mud paths!) away from the very famous Hadj-whose-name-I-forgot, and who recently died at the age of 137 years old!!! Everyone is talking about it around here. 'He knew the 1800s ', have I been assured, and he went to Mecca by foot, 3 years to get there, and 3 years back, with only 40 francs in his pocket... This would explain it!
Adama is quite proud of this famous neighbour! I asked him about the funerals, they had not taken place yet, waiting for the best day for the sacrifice to take place... So muslim and animist, definitely a wise man who took no risk!

jeudi 18 juin 2009

A Greener Future

Climatic conditions seem to be getting worse with global warming, deforestation and the advance of the desert. The government and development agencies have invested in environmental protection and in reforestation programmes, but wood is increasingly scarce - being sought for daily life in cooking as well as for building. Experiments with alternatives for cooking fuel and for building materials inevitably meet resistance because of cost, inconvenience, and reluctance to leave tradition.

Maybe there is the beginning of an answer with these stoves that are built around the traditionnal 3 stones using only local material and consume up to 50% less wood...
And there is a glimmer of hope seeing the children playing at building economical stoves, just like their mums...



mercredi 3 juin 2009

4 1/2 funerals and 1 christening

May was one of those months, when I started to realise, how the extended family in West Africa is such an important element in sad and happy times. I spent some time visiting people, who'd lost a child or a relative, I also was invited to a christening... Most of my friends here spend every single weekend doing the rounds of friends and family, this is a nice sign of solidarity and that family ties are strong, but also a huge financial and social pressure.

Maybe because the heat lasted longer this year and people got weaker, maybe because the longer you stay, the more people you know, the more statistics come into life... and death stroke many times in May. Mariam eight month-pregnant lost her baby and her mind, she is slowly getting back to her old self... Matthieu's wife at work also delivered a still-born baby but people were quite ruthless over the matter, he already had 5 kids you understand, this was highly irresponsible anyway to plan a 6th child. in this world... A colleague lost her older sister, tis was vry sudden and sad, she was only in her 50s, but bluntly looking at numbers, over the average life expectancy of 45... Adama, my dear gardner and guardian at home lost his little girl Rosalie, she was 18 months... In all cases, money could have swung it, money to get diagnosed earlier, money to take a cab to the hospital, money to get to a better health center, money to buy the syringes, disinfectant and all you need to get operated, this all has to be bought in advance and brought to the doctor to use.

I learnt along the way, mournings go on for 3 days for a boy, 4 for a girl, if it's an adult that dies, cel
ebrations will involve music, singing and many more rituals and for a child, people get buried within hours of passing away, it's always a rushed affair, but then masses go on for weeks and years later, when people see a coffin being taken to the cemetery, they will stop and stand up by the side of the road paying their respect... Well, I did not learn that much in retrospect, but I am looking forward to reading a friend's thesis on funeral rites in Burkina Faso, I am guessing, I'll learn a lot about life in her essay in a round-about way!

1/2 a funeral occured in my street as well, as our friend Ali, who is in his 20s, a fashion conscious hairdresser and amateur musician collapsed one morning and lost consciousness, he was taken away, the word went around that it was malaria... People started coming to the house to give their condolences, kids were in tears, as he is like an older brother to them all, but he came back, weak and tired, but still with
us and still dreaming about one day recording an album!

Now Kevin's christening... (Kevin being the young victi
m of too many TV novellas being shown, on burkinabé channels and kids starting to being christened Owen, Johnny and Sandra, rather than Aïsha, Pélagie and Cheick). This was a good party! Mass was at 6am at the Cathedral, where hundreds other adults and children had been christened in May, the peak season for it, then it was back to their little home in Nagré for some food, dolo, a local millet beer and cokes! The women cooked kilos of rice, beans and fish, people kept dropping by all day, family and friends, they were served some food and drinks and carried on to another christening or wedding... Dolo helping, people got very loud and funny, but there was no music and no dancing this time. Everyone was very smartly dressed, some in 'pagnes' , local pieces of fabrics, specially printed for the occasion and quoting a passage of the gospel.

dimanche 8 mars 2009

Place de la Femme


Je n'avais jamais célébré le Journée de la Femme avant de vivre au Burkina Faso, mais l'an passé à Saaba et cette année à Koubri, j'ai pu constater que les festivités battaient leur plein pour cette fête nationale. Une lueur d'espoir dans un pays, où les droits de la femme sont trop souvent violés?

Difficile à croire si vous êtes, bien loin de la Place des Grands Hommes, Place de la Femme à Bobo Dioulasso, seconde ville du pays, où trône cette statue...


Mais pas impossible, si vous discutez avec ces femmes burkinabé à Koubri qui se battent sans relâche pour se faire une place meilleure dans la société burkinabé pour elles et leurs filles, grâce notamment à la microfinance. (lire sur le blog d'Entrepreneurs du Monde La Femme à l'honneur au Burkina Faso)

'On ne naît pas femme, on le devient', Le Deuxième Sexe (Simone de Beauvoir)