Après quelques années en Afrique et parfois plusieurs jours sans voir de Blancs, on oublie parfois que l'on aura toujours du mal à se fondre dans la masse... Au Bénin, on est accueilli par une petite chanson que scandent les enfants, parfois les seuls mots de français qu'ils connaissent: 'Yovo, Yovo, Bonsoir... ça va bien, merci'... Et ce dès le petit matin! Au Togo, on est encore des Yovo, mais passée la frontière avec le Ghana, on devient des Obroni... A Ouaga, nous sommes des Nassara et à l'ouest du pays ou au Mali des Toubabou...
La plupart du temps, le mot est lancé avec sympathie, en signe de 'bonne arrivée'... Quelquefois évidemment, on devient le symbole d'une histoire plus ou moins récente et de conflits ou clivages qui nous dépassent, que ce soit des prises d'otages, ou de simples altercations... De la part d'adultes, ce peut être assez virulent, comme cet homme croisé à Abidjan dans un bidonville qui commençait à me crier après, tu fais quoi, tu veux quoi, c'est à cause de gens de ta race que l'on vit dans cette merde... J'étais prise de court, ai lancé que j'habitais au Burkina depuis quelques années, que la couleur de la peau ne faisait pas tout, bien m'en a pris. Comme beaucoup d'Ivoiriens, il était d'origine burkinabè, venu travailler dans les plantations d'huile de palme, donc quelques mots de Mooré plus tard, on était presque en bons termes.
Et puis parfois ce sont les enfants qui sont terrorisés de voir une Blanche, on leur raconte tellement souvent que les Blancs vont les emmener s'ils ne sont pas sages... Tout récemment, c'est un petit bonhomme d'un an pas plus qui pleurait dès que mon regard croisait le sien... Il paraissait un peu petit pour déjà avoir entendu toutes ces terribles histoires d'ogres blancs, mangeurs d'enfants, mais sa maman m'a expliqué le problème: 'Il pense que tu as piqûre'... 'Piqûre??'... 'Oui, à l'hôpital,c'est les Blancs qui l'ont piqué'... Dur ensuite de rétablir la confiance! Sauf dans mon quartier, là après quelques années, pour les plus jeunes enfants qui sont 'nés me trouver là', tous les Blancs de passage sont des Laetitia!
1 commentaire:
Dans ma memoire, dans le dictum du text a l'universite, 'Le Pauvre Christ de Bomba' c'est la meme histoire. On dirait au Ghana en temps coloniale, que si l'on rencontrait un blanc sur le chemin quand on irait a la messe, il ne faudrait qu'on se retourne a la maison: on a deja vu 'le Pauvre Christ de Bomba'. Parfois, c'est la religion, qui a confronte le soi-disant animisme des africains et les derniers, en revanche, se moquaient du chretianisme.
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