Ce matin, Fadel appelle fièrement
de derrière notre grand portail en fer. « Laetitia, il faut ouvrir, chépapiédurobiné ! »
Je ne comprends pas tout de
suite, d’habitude ses ‘sésame, ouvre toi’ pour me persuader d’ouvrir la porte à
un petit garçon turbulent de 5 ans sont « Laetitia, ché moi seul » ou
« Laetitia, ché pour dechiner, travailler beaucoup ».
J’ouvre tout de même pour
découvrir un petit bonhomme, son short à l’envers, le torse bombé qui tient
fièrement … la facture d’eau.
De fait, à Ouaga, on a bien le
fameux adressage, des numéros de parcelles et quelques noms de rue, voir d’avenues
(Kwame Nkrumah, Muammar Gadaffi ou René Monory pour ne froisser personne…),
mais l’on n’a pas encore de boîte aux lettres. A mon arrivée en 2008, j’ai
ouvert une boîte postale pour notre association, mais les factures, elles, continuent
à être glissées, comme par miracle, tous les mois, sous le portail par d’infatigables
agents de l’ONEA ou de la SONABEL. Comment nous trouvent-ils, comment rien ne s’envole
ou ne se perd, je ne sais pas… Mais ce mois-ci encore, le papier du robinet est
arrivé à destination.
1 commentaire:
You should be writing novels, Laetitia! You are too god for that. Your sense of keen observation and humour are gifts the world is longing for... [Jean Lukaz]
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